Verres ophtalmiques · Santé visuelle
Maroc Optique N°68Freiner la progression de la myopie chez l’enfant : solutions, suivi et responsabilités de l’opticien
Pendant longtemps, la prise en charge de la myopie de l’enfant consistait principalement à corriger la vision de loin et à augmenter progressivement la puissance des lunettes au fil des contrôles.
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Pendant longtemps, la prise en charge de la myopie de l’enfant consistait principalement à corriger la vision de loin et à augmenter progressivement la puissance des lunettes au fil des contrôles. Cette approche reste indispensable pour permettre à l’enfant de voir correctement, de suivre les cours et de réaliser ses activités quotidiennes.
Les connaissances ont cependant évolué. Plusieurs solutions peuvent aujourd’hui contribuer à ralentir la progression de la myopie chez certains enfants. L’objectif n’est pas de guérir définitivement la myopie ni de garantir qu’elle ne progressera plus, mais de limiter autant que possible son évolution et l’allongement excessif de l’œil.
Cette distinction entre correction et gestion de la progression doit être clairement expliquée aux parents. Une paire de lunettes conventionnelle corrige la vision floue, mais elle n’a pas été conçue spécifiquement pour ralentir l’évolution de la myopie.
Les solutions de contrôle DE LA myopie nécessitent quant à elles une sélection adaptée, des mesures précises et un suivi régulier.
L’évaluation doit également tenir compte des antécédents familiaux, de la vitesse d’évolution de la correction, des habitudes de travail de près, du temps passé à l’extérieur et de la manière dont l’enfant utilise les écrans.
L’objectif n’est pas de désigner les écrans comme cause unique. La myopie est liée à plusieurs facteurs génétiques et environnementaux. Toutefois, les longues périodes de travail rapproché, une distance de lecture très courte et un temps extérieur insuffisant peuvent contribuer à augmenter le risque.
Les parents doivent être attentifs à certains signes :
-l’enfant se rapproche fortement de la télévision ; -il plisse les yeux pour regarder au loin ;
-il ne reconnaît plus clairement ce qui est écrit au tableau ;
-il se plaint de fatigue visuelle ;
-il demande régulièrement à changer de correction.
L’opticien peut repérer une progression inhabituelle et recommander un contrôle ophtalmologique, mais il ne doit pas établir seul un diagnostic médical.
Les principales solutions disponibles
Les verres ophtalmiques destinés à la gestion de la myopie utilisent des conceptions spécifiques qui corrigent la vision centrale tout en créant des signaux optiques destinés à limiter la stimulation de l’allongement de l’œil.
Leur efficacité dépend notamment du port régulier, du centrage, de la stabilité de la monture et du suivi. Une monture qui glisse ou des mesures approximatives peuvent réduire l’intérêt du dispositif.
L’opticien doit donc accorder une attention particulière au choix de la monture, aux hauteurs, aux écarts monoculaires et à l’ajustage. Il doit également vérifier que l’enfant porte réellement ses lunettes pendant les périodes recommandées.
Certaines lentilles souples multifocales sont également utilisées dans la gestion de la myopie. Elles demandent une adaptation professionnelle, une hygiène rigoureuse et une participation active des parents.
L’âge ne suffit pas à déterminer si un enfant peut porter des lentilles. Sa maturité, sa capacité à respecter les consignes et la disponibilité de la famille pour assurer le suivi sont tout aussi importantes.
L’orthokératologie utilise des lentilles rigides portées pendant la nuit afin de modifier temporairement la forme de la cornée. L’enfant peut généralement voir pendant la journée sans lunettes. Cette méthode peut contribuer à ralentir
l’évolution de la myopie, mais elle exige une grande rigueur.
La topographie cornéenne, la qualité de l’adaptation, l’entretien des lentilles et les contrôles réguliers sont indispensables. Le port nocturne augmente les exigences en matière d’hygiène et de surveillance.
L’atropine à faible concentration est une autre approche étudiée et utilisée dans plusieurs pays. Il s’agit toutefois d’un médicament. Sa prescription et son suivi relèvent du médecin ophtalmologiste. L’opticien peut informer les parents de l’existence de cette option, mais ne doit pas la recommander comme un produit ordinaire.
Le rôle de l’opticien dans le suivi
La gestion de la myopie ne doit pas se transformer en simple vente d’un verre ou d’une lentille présentée comme une innovation.
L’opticien doit expliquer aux parents qu’aucune solution ne garantit l’arrêt total de la progression. Les résultats diffèrent selon les enfants et doivent être évalués dans le temps.
Son rôle peut notamment consister à :
-expliquer la différence entre correction et ralentissement ;
-adapter correctement les équipements prescrits ; contrôler la position de la monture ;
-vérifier l’état des verres ou des lentilles ; -rappeler les règles d’hygiène ;
-observer la régularité du port ;
-recueillir les difficultés signalées ;
-orienter vers l’ophtalmologiste en cas d’évolution ou de problème.
Les habitudes quotidiennes doivent également être abordées. Encourager les activités extérieures, prévoir des pauses pendant le travail de près, maintenir une distance raisonnable avec les écrans et utiliser un éclairage suffisant sont des conseils simples qui peuvent accompagner la stratégie principale.
La gestion de la myopie doit être organisée comme un véritable parcours associant l’enfant, les parents, l’ophtalmologiste et l’opticien. L’efficacité des nouvelles solutions dépendra moins de leur promotion commerciale que de la qualité avec laquelle elles seront prescrites, adaptées et suivies.