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Ce que le secteur attend du CNOL 2026

Formation pratique, décloisonnement territorial et réseau : le pouls des opticiens marocains à moins de six mois du CNOL 2026.

Rédaction Maroc Optique7 min de lecture
Attentes des opticiens pour le CNOL 2026

À moins de six mois de la troisième édition du Congrès National d’Optique Lunetterie, la question mérite d’être posée directement, sans détour, aux premières concernées : les opticiens marocains eux-mêmes. Que représente le CNOL pour eux ? Qu’en ont-ils retiré lors des éditions précédentes ? Et surtout, qu’en attendent-ils en octobre 2026 ? Maroc Optique a souhaité prendre le pouls de la profession à travers des échanges avec des professionnels exerçant dans des contextes géographiques, économiques et professionnels différents.

Ce que ces témoignages révèlent est à la fois encourageant et éclairant : le CNOL est devenu, en deux éditions seulement, une référence que le secteur s’est appropriée. Mais les attentes qui l’entourent témoignent aussi d’une profession qui a encore beaucoup à construire collectivement.

Le thème de la troisième édition « Vision sans frontières : coopération et partage de savoir » résonne différemment selon les profils et les situations. Pour un opticien de Casablanca ou de Rabat, bien connecté aux dynamiques sectorielles nationales et internationales, il évoque l’ouverture africaine et les partenariats à venir. Pour un opticien de Béni Mellal, de Guelmim ou de Laâyoune, il résonne d’abord comme une promesse de décloisonnement interne : être enfin considéré, entendu et associé aux décisions qui façonnent le secteur, quel que soit l’endroit du Maroc où l’on exerce.

Des attentes fortes en matière de formation pratique

La demande la plus unanimement exprimée parmi les professionnels contactés est celle de formations pratiques, concrètes et directement applicables au retour dans l’officine. Les ateliers mains-on, les démonstrations en conditions réelles, les mises en situation cliniques : c’est ce que les opticiens plébiscitent le plus. « On a besoin de ressortir du CNOL avec des choses que l’on peut faire le lendemain matin dans notre magasin. Des protocoles, des techniques, des approches nouvelles que l’on n’aurait pas découvertes autrement », résume un opticien installé à Meknès depuis quinze ans.

Cette attente est particulièrement forte autour de thématiques émergentes que beaucoup de professionnels avouent mal maîtriser : la gestion de la myopie chez l’enfant, la contactologie avancée, le visagisme structuré, l’interprétation des nouvelles mesures réfractives. Des sujets précisément au cœur de l’actualité clinique mondiale, et qui entrent progressivement dans les attentes des patients marocains les plus informés.

La réglementation et l’AMO : un sujet brûlant

Deuxième grande attente exprimée par les professionnels interrogés : des réponses claires et actualisées sur les évolutions réglementaires qui transforment leur quotidien.

La loi 45-13 et ses décrets d’application toujours attendus, la généralisation de l’AMO et ses impacts concrets sur l’activité, le déploiement de la feuille de soins électronique de la CNSS, la perspective du tiers payant : ces sujets génèrent une anxiété réelle dans la profession, faute d’informations claires, cohérentes et accessibles. « Je lis les articles de presse, je suis les réseaux sociaux professionnels, mais je n’arrive pas à avoir une vision complète et fiable de ce qui va changer pour moi concrètement », confie une opticienne installée à Agadir.

« Le CNOL est le seul endroit où j’espère avoir des réponses de personnes qui savent vraiment de quoi elles parlent — des experts, des représentants des institutions, des juristes spécialisés. » Cette demande d’information réglementaire claire et sourcée est un signal fort : la profession a besoin d’espaces de clarification institutionnelle que les supports habituels ne peuvent pas fournir seuls.

L’ouverture africaine : une attente réelle, des questions concrètes

Le thème « Vision sans frontières » suscite un intérêt authentique, en particulier parmi les opticiens qui ont déjà des liens commerciaux ou familiaux avec des pays africains voisins. La dimension africaine du CNOL 2026 est perçue comme une opportunité de mieux comprendre des marchés qui s’ouvrent et sur lesquels certains envisagent de développer une activité. « Si le CNOL peut me donner une vision concrète des opportunités au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou en Guinée, avec des interlocuteurs locaux à rencontrer, c’est une valeur ajoutée extraordinaire que je ne trouve nulle part ailleurs », témoigne un opticien de Casablanca.

Le réseau : ce que le CNOL apporte que nul autre événement ne peut remplacer

Au-delà des contenus, la dimension réseau du CNOL est systématiquement mentionnée comme l’une de ses valeurs ajoutées les plus distinctives. Rencontrer des confrères que l’on suit sur les réseaux sociaux mais que l’on ne croise jamais en dehors des villes, échanger avec des fournisseurs dans un contexte détendu et professionnel, nouer des liens qui résistent à la logique de concurrence du quotidien : ces expériences, que les éditions précédentes ont déjà permis, constituent des arguments puissants pour l’inscription à la prochaine édition.

« Après le CNOL 2024, j’ai gardé contact avec trois opticiens que j’avais rencontrés lors d’un atelier. On s’appelle encore régulièrement pour échanger sur des cas difficiles, des fournisseurs, des techniques. Ce réseau vaut plus que n’importe quel contenu de formation », confie un opticien de Fès. C’est précisément ce capital relationnel, difficile à quantifier mais essentiel à la dynamique collective d’une profession, que le CNOL construit édition après édition.

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