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Ouail Ouahi : trois ans à construire le CNOL

Du manque d’un rendez-vous national à un congrès de référence : retour sur trois années de construction du CNOL, à l’approche de l’édition 2026 à Rabat.

Rédaction Maroc Optique6 min de lecture
Congrès professionnel d’optique CNOL

Il est des projets qui naissent d’une conviction solitaire et qui finissent par rassembler une profession entière. Le Congrès National d’Optique Lunetterie est de ceux-là. Lancé en 2024 à l’initiative d’Ouail Ouahi, directeur et créateur de Maroc Optique et président du Comité d’organisation, le CNOL a réussi en deux éditions ce que beaucoup estimaient improbable : créer un événement annuel de référence pour le secteur optique marocain, capable de réunir des centaines de professionnels, d’attirer des intervenants de calibre international et de s’imposer comme le miroir d’une profession en pleine transformation.

À l’approche de la troisième édition, prévue les 9 et 10 octobre 2026 à Rabat sous le thème « Vision sans frontières : coopération et partage de savoir », Maroc Optique a rencontré celui qui est à l’origine de ce projet, pour revenir sur trois ans de construction d’un événement qui est bien plus qu’un congrès.

Une idée née d’un manque

L’idée du CNOL est née d’un constat simple mais criant : le secteur optique marocain, fort de 3 000 opticiens et d’un marché estimé à 2 milliards de dirhams, ne disposait d’aucun espace de rencontre, de formation et de débat à l’échelle nationale. Les professionnels qui souhaitaient se former ou s’informer devaient se rendre à l’étranger : au SILMO à Paris, au MIDO à Milan, à ExpoÓptica à Madrid. Ceux qui n’en avaient pas les moyens ou les possibilités restaient isolés, privés des échanges qui font avancer une profession.

Ouail Ouahi, fort de ses trente ans d’observation du secteur à travers Maroc Optique et l’Optical Roadshow, portait cette conviction depuis longtemps : le Maroc avait les ressources humaines, l’expertise et le dynamisme nécessaires pour créer son propre événement de référence. Il lui manquait simplement quelqu’un pour prendre l’initiative, assumer le risque et fédérer les énergies. Le CNOL est né de cette décision.

2024 : une première édition fondatrice

La première édition, tenue les 11 et 12 octobre 2024, a réuni 700 professionnels, un chiffre remarquable pour un événement à sa première édition. Le thème « Vision et Scolarité » avait été choisi délibérément pour ancrer d’emblée le congrès dans une logique de responsabilité sanitaire et sociale : mettre en lumière l’impact des troubles visuels non diagnostiqués sur la réussite scolaire des enfants marocains, et positionner l’opticien comme acteur de première ligne dans la prévention et le dépistage.

La présence de Charles Dagneaux, Meilleur Ouvrier de France en lunetterie, pour animer un atelier de haut niveau, a posé dès la première édition un marqueur d’excellence et d’ouverture internationale qui est depuis devenu une signature du congrès.

2025 : confirmer et approfondir

La deuxième édition, consacrée à « Vision et Nouvelles Technologies », a confirmé la dynamique lancée en 2024. En choisissant de placer la transformation numérique au cœur de son programme : intelligence artificielle, feuille de soins électronique, digitalisation des pratiques —, le CNOL a démontré sa capacité à traiter les sujets les plus actuels avec une profondeur et une rigueur qui le distinguent d’un simple salon commercial.

2026 : s’ouvrir au monde

La troisième édition marque une nouvelle étape dans la trajectoire du CNOL. Le thème « Vision sans frontières : coopération et partage de savoir » traduit une ambition qui dépasse désormais les frontières nationales. Le Maroc se positionne comme un hub de référence pour l’optique africaine, et le CNOL comme l’espace où cette ambition prend corps à travers des sessions dédiées aux dynamiques africaines, des partenariats avec des organisations professionnelles du continent et une ouverture à des intervenants et participants venus de toute la région.

En trois ans, Ouail Ouahi a construit bien plus qu’un congrès. Il a créé un espace que la profession s’est approprié, dans lequel elle se reconnaît et qu’elle attend désormais chaque année comme un rendez-vous essentiel. C’est peut-être la meilleure mesure du succès d’un événement professionnel : non pas le nombre de participants, mais la conviction partagée qu’il est indispensable.

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