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« Le SILMO, c’est votre rendez-vous » — entretien avec Éric Lenoir

Le directeur des salons SILMO revient sur SILMO NEXT, la SILMO Family, l’Afrique et la place du Maroc dans l’écosystème mondial de l’optique.

Rédaction Maroc Optique10 min de lecture
Entretien avec Éric Lenoir, directeur des salons SILMO

Le SILMO, c’est avant tout un rendez-vous. Que représente-t-il aujourd’hui pour les professionnels de l’optique ?

Le SILMO répond à des attentes et besoins multiples : développer son business, s’informer, se former en continu, être inspiré et se projeter vers l’avenir. Avec mon équipe, nous œuvrons au quotidien pour développer à travers la marque SILMO des événements, des services et des contenus pour y répondre. Les travaux du Comité des experts de Silmo Next, dont l’espace Futurology est la matérialisation au SILMO Paris, permettent d’explorer le futur des produits et services.

Depuis plus de 30 ans, les Silmo d’Or mettent en lumière et récompensent les nombreuses innovations et formidables créations des fabricants. À travers des congrès et des journées de formation, Silmo Academy propose d’approfondir ses connaissances en santé visuelle. Toute l’année, SILMO accompagne la communauté de l’optique dans sa recherche d’excellence et de performance !

Quelles sont les deux ou trois transformations les plus structurantes que le SILMO a révélées ou accélérées ces cinq dernières années ?

Si vous me permettez un grand retour en arrière : il y a 30 ans, le Silmo a contribué à faire émerger le segment des créateurs indépendants en lunetterie. Il fut également l’un des premiers salons à accueillir en nombre les producteurs asiatiques.

Plus récemment, nous nous sommes emparés du sujet de la responsabilité environnementale et sociétale des entreprises, de la durabilité des produits et de l’éco-responsabilité des professionnels de l’optique. Sans oublier la mise en lumière et l’accompagnement de la filière traditionnelle vers les produits « intelligents et connectés », leurs usages, et le rôle que les opticiens vont pouvoir tenir sur ce nouveau marché.

Bio-acétates, matériaux recyclés, impression 3D : tendance de fond ou effet de mode ? Comment le SILMO accompagne-t-il l’écoresponsabilité dans sa programmation ?

Pour répondre à cet enjeu très important pour le secteur, nous activons trois leviers :

  • Un programme continu de contenus sur les enjeux de durabilité de la filière optique-lunetterie (webinaires, interviews, formats pédagogiques, posts sur les réseaux sociaux…) permettant de sensibiliser et d’accompagner l’audience du SILMO dans ses enjeux de transformation RSE.
  • Le Prix de l’Entreprise Engagée, qui valorise des démarches d’engagement globales adoptées par les exposants, et non uniquement des produits.
  • L’espace « GOOD Eye on the Planet », lancé l’an dernier au Silmo Paris.

Les lunettes connectées redéfinissent le produit. Dans dix ans, à quoi ressemblera le marché de la monture et quel rôle l’opticien de proximité y jouera-t-il ?

Si l’on en croit les prévisions de développement de ce nouveau segment de marché, la croissance va être exponentielle dans les prochaines années. Les grandes entreprises de la Tech ont compris qu’elles avaient tout intérêt à se rapprocher du secteur de l’optique-lunetterie traditionnelle, qu’il s’agisse de la conception des produits ou des usages, notamment en matière de santé visuelle, sans oublier les débouchés commerciaux que représente l’exceptionnel réseau de magasins d’optique dans le monde.

Je crois qu’il s’agit là d’une réelle opportunité pour les opticiens, qui vont être le lien humain indispensable entre toutes ces technologies et leurs utilisateurs. Il faut qu’ils s’y préparent dès maintenant !

La SILMO Family et l’expansion internationale — Istanbul, Sydney, Bangkok : quelle est la philosophie derrière la SILMO Family ? S’agit-il de répliquer le modèle parisien ou d’adapter le concept à chaque marché ?

L’une des missions du Silmo est de créer de nouvelles opportunités de business pour les professionnels de l’optique et d’en diffuser le savoir-faire. La création de salons SILMO à l’international est l’une des réponses. Mais il ne s’agit pas de « copier-coller » le salon de Paris : ce serait impossible et absurde ! Si les fondamentaux du Silmo que j’évoquais précédemment doivent constituer le socle du projet, il est indispensable de proposer un modèle qui s’appuie sur les marchés locaux, en étroite collaboration avec les professionnels de la région.

L’Afrique est absente de la SILMO Family. Est-ce un marché que vous regardez ? Quels seraient les prérequis pour qu’un SILMO y trouve sa pertinence ?

Nous observons ce qu’il se passe en Afrique avec beaucoup d’attention… C’est un immense continent avec un potentiel de croissance globale impressionnant et des marchés régionaux aux particularismes affirmés. Mais un seul Silmo ne suffirait pas ! Je vois trois conditions au succès d’un nouveau salon :

  • Être basé dans un pays dont le marché intérieur est bien structuré et/ou qui possède une industrie nationale développée.
  • Avoir une capacité d’attraction régionale pour les pays alentours.
  • Travailler en étroit partenariat avec les associations professionnelles du pays.

Parmi les 144 pays représentés au SILMO, comment évoluent la présence et la visibilité des acteurs africains et du Moyen-Orient ces dernières années ?

En 2025, nous avons retrouvé notre niveau global de visitorat international d’avant la pandémie de Covid, et notamment celui de l’Afrique et du Proche et Moyen-Orient, qui représentent 17 % du total des internationaux. Beaucoup d’opticiens marocains connaissent le SILMO de réputation mais n’y sont jamais allés.

Que peuvent-ils y trouver concrètement que les catalogues et les réseaux sociaux ne leur offrent pas ?

Avec plus de 900 exposants, le choix est très large. Toutes les familles de produits sont représentées. Je leur assure de belles découvertes ! Et ce que les réseaux sociaux ou les catalogues ne peuvent pas leur offrir, c’est de rencontrer tous les créateurs et les innovateurs, c’est de toucher, d’essayer les produits, et c’est de croiser leurs collègues du monde entier dans les allées !

Quelle est la présence actuelle du Maroc au SILMO en tant qu’exposant, visiteur, acheteur ? Observez-vous une évolution ces dernières années ?

Si nous n’avons que 2 sociétés marocaines parmi nos exposants, les visiteurs du Maroc viennent en nombre ! 462 personnes, ce qui en fait le 9e pays visiteur et le 1er pays africain.

Je tiens à les remercier chaleureusement pour leur confiance et leur fidélité. Le Silmo Paris, c’est leur salon aussi. N’oublions pas celles et ceux qui nous rendent visite aussi à Istanbul !

Le marché optique marocain est en pleine structuration (AMO, CNOL…), montée en gamme. Comment le percevez-vous depuis votre position d’observateur du marché mondial ?

La montée en gamme des produits et services vendus est indéniable, mais je pense qu’elle est liée au formidable travail de montée en compétence et en expertise des opticiens que les associations et les syndicats ont initié depuis des années. Ils sont un modèle pour de nombreux pays de la région et même au-delà…

Un opticien marocain qui vient pour la première fois au SILMO a-t-il un regard différent, plus neuf, que ses confrères européens habitués ? Est-ce une force ?

J’espère que tout nouveau visiteur est séduit par le salon pas en tant que tel, mais par l’extrême diversité des produits qu’il va pouvoir y trouver. J’aime observer discrètement ces nouveaux venus dans le salon. On dirait des enfants entrant dans une confiserie géante…

Et nous sommes toujours à l’écoute des retours d’expérience qui nous aident à améliorer et faire évoluer l’outil professionnel que nous leur proposons.

La SILMO Academy et les espaces de formation sont-ils accessibles et pertinents pour un visiteur international découvrant le salon pour la première fois ?

Tous les espaces du salon sont accessibles à tous les visiteurs. Mais il y a tellement à voir, à écouter, à découvrir et à expérimenter que je leur conseille de bien préparer leur visite, d’organiser leurs rendez-vous, de sélectionner les conférences ou ateliers auxquels ils souhaitent participer, et de garder des moments de « flânerie » pour les découvertes et rencontres imprévues.

Les 4 jours du salon ne sont pas de trop !

Quel message adresseriez-vous aux opticiens marocains qui hésitent encore à venir au SILMO ?

Venez rejoindre la grande famille de l’optique pour un week-end professionnel et convivial inoubliable ! Vous êtes chez vous au Silmo !

Le Maroc organise depuis 2024 son propre congrès national, le CNOL. Ces événements régionaux sont-ils complémentaires du SILMO ou risquent-ils de modifier les flux de visiteurs internationaux vers Paris ?

Non ! Plus il y aura d’événements de ce type, plus les professionnels auront envie de se rassembler et de découvrir de nouveaux événements, de nouvelles destinations.

Quitter l’environnement clos et limité du magasin plusieurs fois dans l’année améliore le moral, l’expertise et la performance !

Quelle est votre vision du SILMO dans dix ans et quelle place y occuperont les marchés africains ?

J’espère que dans 10 ans, le Silmo Paris sera toujours inspirant, pertinent et utile pour la communauté mondiale de l’optique-lunetterie. En tant que reflet des marchés en mouvement, je suis convaincu que l’Afrique y tiendra une plus grande place. Et peut-être que le Silmo se sera d’ici là fait une petite place en Afrique…

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